Ô Dambala


On n’était jamais vraiment

devenus de vrais grands,

avant de s’éveiller hors du temps,

MMMéchevelés, quatre heures du matin,

ciel pourpre de Pétionville,

une urgence brûlante

MMMqui n’admet ni résistance

MMMni réplique,

trois mille kilomètres au sud du néant blanc.


Tourner, retourner deux corps,

MMMpris aux cordes comme des pantins,

manipulés sauvagement

MMMppar la main chaude des tropiques,

emportés aveuglément.


Alors,

MMMtout cela était la vérité,

MMMtoute la vérité.

Maintenant,

MMMau diable déportée,

MMMle temps, le vent, la mort,

MMMla menace de l’oubli.


L’entièreté de ta peau

MMMrevient s’étendre sur ma mémoire,

un mirage que je rêvais d’aimer

MMMoncques ne seras-tu sereine.


Amour, ô combien

MMMla maison perd ses couleurs

MMMquand raide comme soudain

MMMla stupeur vient effacer les heures à venir.


Chaque jour j’enfonce

MMMdes aiguilles dans le Dambala.

Chaque matin au loin

MMMj’entends battre les tams-tams.

Chaque nuit au bord

MMMdes rivières et des sources,

MMMdans mes rêves saignent des coqs.


Toujours je me résigne,

MMMles passés ne sont pas tous narcotiques,

MMMdes qui sèment sur le présent l’amertume,

MMMdes qui y versent leurs élixirs toxiques.


Dans un grabat de touriste,

MMMj’ai appris que la mort serait vivable,

MMMle futur radieux même si le présent s’arrêtait.


Je le jure,

MMMmême mon enfance bénie,

MMMjamais aussi près du sentiment

MMMd’être tout autant,

béni.


Après la tempête, nos corps épaves,

MMMen rade sur les vagues de draps,

ta main a retrouvé au sol

MMMtoute une platée de goyaves

MMMencore juteuses et molles,

MMMtranchées comme tu les aimais.


Je regardais ta bouche

MMMaccueillir le rose fruit.

Je caressais ta tête,

MMMsur ma cuisse, chaude la tienne,

MMMla lune aurait bien voulu rester,

MMMle soleil, lui, s’installer.


Comment toutes ces choses banales

MMMprenaient un goût si délectable

à la minute même,

MMMnanoseconde figée dans l’éternel,

quand l’amour démasqué,

MMMDambala,

MMMprince vaudou de la fécondité,

MMMavec deux petits enfants

MMMen enfantait deux grands.


Flying Bum

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2 réflexions sur “Ô Dambala

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