J’haïs les huîtres

Je dis souvent à ma douce qui est une maniaque de la bonne sauce, elle qui en met toujours abondamment sur tout et dans tout, qu’elle mangerait probablement des petites crottes tant fût-il qu’elles soient nappées d’une bonne sauce. Loin de moi l’idée de faire la fine gueule, mais je désagrée totalement comme disent les chinois. N’empêche que ces mêmes chinois détiennent la palme des choses que l’humain a eu l’idée de manger sans sauce: la cervelle de singe servie à même le crâne de la pauvre bête, parfois vivante ou d’autres fois simplement ivre et attachée solidement à la table.

singe

On prête à ce plat la vertu de guérir l’incontinence bien que l’idée même de planter ma fourchette dans le crâne encore tiède de la pauvre bête me ferait chier au plus haut point. Sans compter que manger de la matière grise crue n’a non seulement aucune vertu scientifiquement démontrée mais comporte le risque documenté de contracter des maladies graves comme celle de Creutzfeldt-Jakob.

Je ne suis nullement végétarien ou coach de vie végane, loin de là. Je ne dédaigne pas occasionnellement de savourer les parties démembrées du corps de nos soeurs les poules avec du chou sadiquement haché et intoxiqué au vinaigre et des pommes de terre sauvagement tailladées et cruellement immergées dans l’huile bouillante. Mais il y a des limites à ce que je suis prêt à avaler, comme ma douce d’ailleurs.

Le sperme par exemple. Le sperme de thon séché et salé est servi comme mignardise en Sicile et est considéré comme aphrodisiaque. Tout ceci me rappelle étrangement l’angoissante question de l’oeuf et la poule.

Le sperme ou l’aphrodisiaque?

Et tant qu’à se vautrer dans les choses du sexe, du peuple qui créa le Kamasutra, nous vient le mot kobukuro qui signifie utérus et les Nippons s’en régalent. Pas de panique, douce, ils ne mangent que l’utérus des truies qu’ils apprécient particulièrement sautés, les utérus, pas les nippons.

 

utérus de truies
Utérus de truies

Depuis la nuit des temps et surtout le matin de bonne heure, l’homme partît à la chasse pour ramener à sa douce de quoi se sustenter bien à l’abri des reptiles géants dans sa grotte. Fallait-il qu’il soit nul à la course à pied le primate qui a eu l’idée de ramener à sa douce un escargot pour souper ! Ou d’une paresse inouïe. Lorsque l’intelligence de ce branleux se développa suffisamment pour inventer un outil, un mécanisme, il était mûr pour attendre tranquillement sur son séant bien dodu que l’animal s’insère lui-même dans le piège et dès lors, il se mît à attrapper sans avoir à bouger son séant bien dodu, toutes sortes de créatures à manger. Pas toutes bonnes à manger mais bon. Il nous aura fallu attendre encore quelques glaciations, que l’homme invente le wise-grip, le long-nose, la pince-monseigneur, la masse et le marteau à oreilles pour que sa douce puisse enfin lui préparer le homard pour dîner. En ce qui me concerne, j’admets qu’elle est délicieuse, la chair de cet animal et celle de ses semblables comme le crabe ou la langouste mais je me fatigue plutôt rapidement de manger un animal qui nécessite la présence de mon coffre d’outil complet sur la table et le port d’une ridicule bavette en polyéthylène imprimée de farces à peine risibles. D’autant que c’est un des rares mets qu’on nous vend encore vivant, prêt à assassiner froidement devant les petits garçons ravis et les petites filles en larmes.

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La douce et son pourvoyeur bien repus et prêts à passer aux choses sérieuses, l’invention du vin s’est imposée d’elle-même pour faire descendre toutes ces choses du long du tube digestif, se replacer l’haleine à un niveau un tantinet tolérable et permettre à l’esprit de doucement louvoyer côté sexe. Si votre journée fut fastidieuse et épuisante et que la dernière chose qui vous viendrait à l’esprit serait de laisser votre douce sous l’impression que la chose vous indiffère momentanément et que vous préféreriez de loin passer au balcon et regarder passer les machines, je vous suggére un vin fabriqué en Corée et en Chine, le vin de souriceau. Son goût s’apparente à celui de l’essence à briquets et sa saveur s’amplifiera à la seule pensée qu’il est fait de souriceaux naissants arrachés à leur mère dès la naissance et plongés vivants dans le vin de riz. Garanti que la douce se trouvera une excuse et passera à ses appartements privés pour le reste de la nuit.

souriceau.jpg
Vin de souriceaux

Et pour en revenir à ses petites crottes, si ma douce était absolument forcée d’en manger sans aucune sauce, pour des motifs quelconques ou farfelus, voici ce que je lui recommanderais. Se mouiller toute la main en pressant un citron bien juteux, sûr et amer au-dessus de la dite main, se la tremper directement dans la boîte de gros sel, se la lécher goulûment jusqu’à ce que ses papilles gustatives soient totalement anéanties pour un moment, cracher longuement sur les petites crottes pour les lubrifier d’une gluante onction et avaler la petite crotte tout rond, d’un coup sec, en se pinçant le nez.

C’est vous dire comment j’haïs les huîtres.

Flying Bum

pieds-ailes

Une réflexion sur “J’haïs les huîtres

  1. Ha que j’aime la sauce ……j’adore les sauces mais en fait je mets des sauce partout où presque car j’aime pas la bouffe sèche. ..tout simplement

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