Les frères Karamakoztytine et autres fratries improbables et éthérées

À l’heure où tous les sociologues s’entendent pour considérer l’étude du phénomène de la fratrie comme une chose bien futile autant qu’inutile, les moteurs de recherche nous laissent totalement sur notre appétit quant au sujet. Un peu à la manière d’un cocotier qu’on agiterait énergiquement dans l’espoir fou d’en faire tomber des cerises, ça devient vite assommant. Le Flying Bum vient donc à la rescousse en survolant le sujet pour vous de ses deux petites ailes aux pieds. Issu moi-même d’une fratrie pentago-mâle, le sujet aurait dû m’intéresser bien avant mais où trouve-t-on le temps pour s’attaquer aux sujets les plus arides comme celui-là sans compter que j’avais deux fesses de porc sur la broche.

La sociologie des frères et soeurs est en pleine construction, à ses premiers balbutiements : « […] peu d’aspects de la vie familiale ont été moins étudiés que l’interaction entre frères et soeurs » (Caplow, 1984).

Ma joie sera stimulée d’autant de sauter dans le bateau si tôt dans l’aventure avec tous ces sociologues paresseux. Et avant de passer au vif du sujet, je m’en voudrais de ne pas survoler quelque peu aussi l’équivalent féminin de la fratrie (et mes amies féministes inonderaient ma boîte de courriels haîneux sinon). Voilà donc, le phénoméne de la fratrie lorsqu’au lieu d’être constituée d’un certain nombre d’individus mâles unis par le sang fraternel serait composée de soeurs de mêmes parents et j’ai nommé . . . et j’ai nommé quoi ?. . . je n’ai a rien à nommer ici, merde. Pas de main pour dire allo et pas de mots pour dire Alain, comme chantait le poète. La fratrie n’a pas d’équivalent féminin. J’ai eu beau chercher et je ne vous encourage pas à le faire, du moins pas tous en même temps, les serveurs surchaufferaient. J’ai courtisé le terme sororité mais en effectuant une recherche rapide sur les moteurs, il semblerait qu’il s’agisse d’un néologisme destiné à combler les lacunes sexistes du langage, fondé sur une utilisation rare mais ancienne, voire littéraire de quelques hurluberlus isolés. On peut tomber sur sororal, sororale, sororaux (relatif à la soeur) qui serait davantage l’équivalent de fraternel que de fratrie, quelques occurrences du terme sororel mais toujours rien pour un véritable féminin reconnu du terme fratrie.

J’ai donc pensé que voilà donc une belle occasion de m’illustrer et d’apporter ma contribution à la langue de Molière et mon idée première a été d’y aller tout bonnement d’une soeurtrie mais ça sonne horrible. Par ici, la soeurtrie, clamerait-on en rigolant . . . ishhhhh, ou encore la possible confusion avec la sotterie ou la sauterie ce qui me vaudrait aussi une litanie sans fin de courriels haîneux. Je retiendrai donc la soeurtrie mais brièvement et seulement pour les fins de mon petit propos actuel ne voulant surtout pas que ma contribution fasse tourner la langue de Molière dans le vinaigre. Alors femme, ma soeur, tu ne seras jamais un frère pour moi.

J’ai connu personnellement plusieurs soeurtries dans ma vie, je crois même qu’elles m’attirent. On dit que le plus jeune d’une fratrie trouvera bien davantage que son bonheur avec l’aînée d’une soeurtrie et j’en suis la preuve éloquente ayant fait une expérimentation très précoce de la chose avec une grande soeur de grande stature mais de courte vertu qui n’était fort commodément pas la mienne. Je dois avouer que la force du lien soeurtral (?) soeurtritif (?) n’a rien de comparable à celui de la fratrie toute mâle qui finit toujours par connaître des bouttes lousses icitte et là. On parle ici d’indéfectible solidarité et de complicité siamoise entre frangines que seul la mort peut effacer alors que pour les frères l’histoire regorge de récits où règnent silence et indifférence et où la mort se présente sous la forme fratricide et bête du terme. On se tue entre frères, on s’ignore complètement ou on se fait la guerre, choses qui se produisent rarement entre soeurs pour ne pas dire le jamais qu’on ne doit jamais dire le.

Éventuellement, je m’étendrai sur plusieurs soeurs connues comme les soeurs Monica et Penelope Cruz, et ne me prenez pas ici au pied de la lettre. Mais avant de sauter, dans le chapitre suivant, je devrais apprendre à placer les virgules correctement et je m’en voudrais de passer sous silence, dans un genre totalement différent, les sœurs Caroline et Stéphanie Tatin que l’étourderie de l’une et la pingrerie de l’autre ont rendues célèbres. Ce sont elles qui, vers 1898, ont inventé à Lamotte-Beuvron dans le Centre-Val de Loire en France où elles étaient aubergistes, la tarte qui porte toujours leur nom et vice versa : l’une des deux la tête heureuse avait mis à cuire la tarte en oubliant la pâte, la seconde paniquée la rajouta par-dessus en cours de cuisson pour ne pas avoir à jeter les pommes… et on obtint le délicieux résultat que l’on sait !

Intermède.

Connaisez-tu bien_2

Les frères Karamakoztytine, enfin.

Descendance de Fédor Karamakoztytine, cette fratrie célèbre fascine encore et toujours aujourd’hui les plus vieux et fait se poser aux générations nouvelles et innocentes la même et unanime question : c’est qui ça cou’donc les frères Karamakoztytine, ça me dit quelque chose. Composée de six frères connus et peut-être bien davantage, Fédor, le père, étant un vieux bouffon libertin qui avait des visées sur tous les jupons de Moscou et qui avait enterré tellement d’épouses que la généreuse poitrine de la dernière en lice formait un joli tertre à deux bosses émergeant des gazons devant la sépulture familiale dans le cimetière de Saint-Marc-de-Moscou et sur laquelle Aliocha, le plus sensé des frères, venait régulièrement leur déposer chacune un coquelicot bien rouge en ricanant maladivement. Dimitri, l’aîné, représente la pomme tombée le plus proche de l’arbre pourri qui leur servait de père dans les cérémonies officielles notamment. Ancien soldat insolent, fêtard invétéré à qui l’argent coulait entre les doigts mais également un grand romantique qui pouvait chanter de mémoire et a capella les plus belles ballades de Rokvoisinov. Ivan était l’âme bien pensante de la famille, ainé de la deuxième couche, profondément laïc et anti-clérical spécialement depuis ses études au séminaire de Stalingrad où la foi avait maintes et maintes fois tenté de le pénétrer par les voies les moins divines. Contrairement au tout pondéré Aliocha qui fût pieux au point d’entrer au monastère orthodoxe chrétien d’Irkutsk où les émules du staret charismatique, par pur esprit de dévotion et de sacrifice couchaient tous deux par deux dans un même lit. Petrov Karamakoztytine, l’unique progéniture de la troisiéme couche, était un être introverti à la mine patibulaire et grise qu’on avait affublé du ridicule sobriquet de Dostoïevski à cause de la fâcheuse manie qu’il avait de traîner partout ses calepins, ses plumes et ses encriers tentant désespérément de noter tous les faits et anecdotes de sa vaste fratrie, pour la postérité affirmait-il. Mais il avait peine à suivre. Finalement, de la dernière couche, les deux plus jeunes pour lesquels la semence paternelle n’était plus malheureusement qu’une dillution sans force et sans génie qui produît ce qu’elle pût, Andreï Karamakoztytine dit la grosse tétine et Sergeï Karamakoztytine dit la tite tétine, deux fervents pratiquants des sports de glisse et profondément amoureux de la poudre blanche éternelle des monts sibériens.

À travers une longue saga méticuleusement compilée par Dostoïevski, la fratrie des Karamakoztytine soulève les grandes questions relatives à la fratrie qui encore aujourd’hui provoquent l’indifférence et l’ennui des sociologues et des législateurs du monde entier. Notamment quant au sort de la fratrie lorsque les géniteurs disparaissent. Ceux-ci ont longtemps assumé la fondation de la fratrie et cimentent celle-ci autour des questions de patrimoine familial historique, immobilier, financier et leur disparition ou même leur seule incompétence aura tôt fait de disperser la fratrie comme autant de cafards surpris par la lumière soudaine. Très peu de rituels d’intimité mondaine survivent aux géniteurs disparus. Le poussiéreux code Napoléon ou le Common Law britannique qui régissent encore nos vies font très peu de cas de la fratrie outre que par la voie de quelques dénis. On nie aux fratries le droit de contracter le mariage entre eux, tentative bien vaine de lutter contre l’infâme péché d’inceste et les lois nient également avec véhémence et jurisprudence assumée l’obligation alimentaire entre frères et soeurs ce qui relègue au folklore l’idée même de la soi-disant indéfectible solidarité fraternelle. Voyons ce qui en adviendra ici après ce bref intermède.

Connaisez-tu bien

La mort de Fédor

L’hiver avait été particulièrement dur à Moscou. Fédor buvait de l’aube au crépuscule ou à jusqu’à l’inconscience c’était selon. La pauvre Iélizavéta, sa tendre et dernière épouse en lice, se tuait à la tâche et n’en finissait plus de recueillir les urines de son ivrogne Fédor pour aller les jeter au caniveau si bien qu’un bon soir qu’elle s’élançait sans réfléchir, le seau d’urine bien en main, elle se jeta accidentellement par la fenêtre avec le sceau, directement dans le caniveau trois étages plus bas. La chute a été fatale il va sans dire. Fédor dût se résigner à l’enterrer la face par en bas encastrée à l’envers par-dessus l’autre, privant pour toujours Aliocha d’un de ses rares plaisirs, la pauvre femme n’ayant à peu près pas de fesses pour venir y déposer des coquelicots.

Fédor sombra ensuite dans une longue période de débauche sans nom, sans faire attention de bien différencier les nobles épouses des pauvres filles et ce, dans la plus totale indifférence de la fratrie occupée à fournir du matériel pour Dostoïevski qui les suivait partout où le vent ou la bonne vodka et la cuisse légère les menaient. Puis en octobre, une horde d’époux trahis et cocus fromentèrent la révolte dite d’octobre. Aux alentours de l’action de grâces, ils capturèrent Fédor et le roulèrent dans le goudron et les plumes de dinde et le relâchèrent ainsi affublé dans la grande plaine d’Anvers ou Dagobert premier qui chassait par là les culottes à l’envers le confondit avec la dinde sauvage géante de ses fantasmes adolescents et déchargea tous les plombs de son mousquet sur le pauvre soûlon qui râla son dernier râlement toutes ses belles plumes blanches rougies de son propre sang.

La fratrie maintenant orpheline ne s’en remit pas. Dimitri sur les traces de son père fût emporté par la syphilis et le pauvre Aliocha est mort de froid et d’épuisement dans les montagnes d’Irkutsk, parti à la course mal équipé sur les traces d’un mignon séminariste novice pris d’épouvante à la vue de la gonhorrée bien aboutie d’Aliocha. Nul ne sait à quoi il pensait lorsqu’Ivan le bien-pensant avala bêtement une figue sans la mastiquer et priait le ciel qu’elle l’eût étouffé en lieu et place de venir lui boucher le derrière de la sorte. Une énorme hernie finit par éclater et expulser ses excréments accumulés depuis une quinzaine, sur toute sa progéniture qui bordait pieusement son lit de mort. Petrov dit Dostoïevski mourut d’ennui à l’aube de compléter le trois-cent-quatre-vingt-et-unième tôme de la saga familiale, les langues sales racontent qu’il a été victime d’un mauvais lot d’encre toxique. Andreï et Sergeï craignant la vindicte populaire et les maris jaloux prirent le maquis dans un bordel de Saint-Petersbourg jusqu’à l’hiver pour ensuite fuir de nuit la Russie en patins à glace sur la Volga. Ils parcoururent monts et vaux en Europe avant de rejoindre les célèbres frères Stastny en Serbie où un infâme passeur italo-tchèque, un gros clown perverti comme leur père, du nom de Marcello Bü les fit gagner l’Amérique sur un frêle et miteux esquif. Andreï et Sergeï tentèrent de faire fortune en Amérique et de gagner le firmament étoilé des dieux de la glace mais leurs bas penchants les ralentit au point qu’ils respirèrent bientôt la poussière de leur propre étoile qui les avait dépassés tellement ils ne patinaient plus, la poussière les rendit anémiques et inaptes à donner leur cent-dix pour cent tous les soirs. Ils regagnèrent la mère patrie dans la cale d’un chalutier battant pavillon turc et on n’entendit plus jamais parler d’eux. Ni des Stastny d’ailleurs. Sauf un qui tiendrait apparemment le Stastny’s Resto Bar Grill de Saint-Jean-des-Piles.

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Les fabuleux frères Marx

C’est de leur mère Minnie Marx issue du monde du spectacle que la célèbre fratrie a hérité des talents et de la motivation pour égayer les foules. Au départ, les frères Marx étaient 5, un premier enfant Marx mourut prématurément et un autre viendra beaucoup plus tard d’une mère différente mais du même père. De leurs vrais noms Leonard, Adolph, Julius Henry, Milton, Herbert et Karl ils adoptèrent des noms de scène en rime qui seront, dans le même ordre, Chico, Harpo, Groucho, Gummo, Zeppo et Prolo. Issus d’une famille juive fortunée de New York, Minnie les inscrivit dans les meilleures écoles de théâtre et de musique et ils développèrent un style propre à eux, précurseur de l’humour juif qu’on connait aujourd’hui. Ils mêlaient un humour corrosif, de non-sens et de pince-sans-rire avec des numéros de musique délirants où une extrême maîtrise des instruments servait avant tout la trame humoristique particulière des frères Marx.

Leur carrière débuta dans les cabarets et s’échelonna du cinéma muet à la radio et aux débuts de la télévision en passant par le cinéma parlant. Minnie n’eut jamais le bonheur d’entendre leurs voix et leurs instruments sur un grand écran, elle décéda prématurément les abandonnant à un père alcoolique qui n’en avait que pour la nouvelle fortune de ses fils.

La dissension régnait dans la fratrie, dissension particulièrement articulée autour de Groucho (Julius Henry) et Prolo (Karl) l’un reprochant à l’autre sa cupidité l’autre traitant le premier de sale communiste. La période Mccarthiste, chasse aux sorcières en règle contre les communistes, mit un terme à leur sempiternel crêpage de chignons en forçant Prolo à fuir en Europe où il fit une fascinante carrière sous son vrai nom en duo avec un certain Lénine. La période industrielle était en plein essor et les grandes masses ouvrières avaient plus que jamais besoin de se divertir pour se reposer de l’infâme exploitation dont elles étaient victimes. Ayant habilement gardé secret son passé de riche enfant juif de New York et contre ce que Marx appelait une cotisation, sorte de prélèvement forcé directement sur chaque paie de chaque travailleur, ils offraient le rêve aux populations exploitées et par la bande, lui et Lénine se sont mis encore plus riches en très peu de temps.

Leur carrière connut ses heures de gloire particulièrement lors de leur mémorable tournée “The Incredible Marx & Lenine Proletariat Dictatorship Europe Tour” qui attirait des foules de plus en plus nombreuses et au cours de laquelle tous les fils et toutes les filles des grands capitaines d’industrie d’Europe se ruaient littéralement sur les produits dérivés vendus à prix d’or pour venir narguer leur famille avec d’immenses affiches de Karl dans sa grosse barbe ou des t-shirts affichant un Lénine sérieux comme un pape, des copies du Das Kapital de Marx et toute cette sorte de choses qui mettaient leurs riches, puissantes et bourgeoises familles en furie.

La cupidité dont Karl accusait Groucho s’avéra de plus en plus véridique, Groucho se débarrassait graduellement de chacun de ses frères pour voir augmenter sa quote-part dans la gimmick familiale. Ils faisaient encore carrière à trois seulement lorsque leur père connut une fin tragique. Le foie totalement cirrhosé et en proie à un profond delirium tremens, le père Marx s’écroula dans le rayon des nains de jardin du Walmart de Las Vegas, nains qui bénéficiaient justement d’une chute de prix cette semaine-là. Il tentait alors désespérément de fuir les lieux de son affreux mais ultime méfait. Il venait en effet d’engrosser par inadvertance Mandie Boobsie, une artiste burlesque dont la troupe était en tournée dans le coin, la prenant dans une sauvage mais très brève levrette dans une cabine d’essayage du rayon des cache-mamelons en paillettes métallisées. L’histoire étant un éternel recommencement, encore une fois la fratrie maintenant orpheline connût à partir de là plus que son lot de malheurs, livrée à elle-même et à la vie mouvementée de tournée.

Groucho abandonna un a un Harpo et Chico qu’on a pu entendre encore un peu faire de la musique dans un tunnel du métro de Cincinnati qui n’était cependant pas encore construit dans ces années-là. Une pneumonie les emporta avec toute cette humidité sous la terre mais un éboulement inopiné fit économiser à Groucho les frais d’enterrement. Groucho fit carrière seul pour un temps, d’abord à la radio où, contre quelques misérables dollars, il vantait cigare au bec en râlant de longs RRRRRRR, le régal sans pareil des flocons de maïs givrés avec assez de sucre industriel dedans pour tuer un tigre diabétique. Il connut une triste fin de carrière pendant laquelle il publia quelques ouvrages dans lesquels il assemblait au hasard des mots découpés dans de vieux magazines achetés aux disciples d’Emmaüs.

Mandie Boobsie retourna chez elle enceinte et sur le pouce où elle donna naissance à un sixième frère Marx, méconnu et ignoré de la presse à sensations et des historiens de la culture. Elle leur cacha bien l’enfant en faisant carrière loin des feux de Vegas dans la lointaine province de Québec d’où elle était native et où elle reprit son vrai nom de baptême, Manda Parent. Elle fit baptiser le poupon discrètement dans une petite chapelle de Saint-Jean et, un peu en souvenir de celui qui fut brièvement le père du petit le temps de mourir dans son vomi, elle l’appela Jean Marx-Parent. De grâce, n’ébruitez pas l’affaire, ça doit rester entre nous.

Flying Bum

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À mes frères, afin que l’envie de me confier leur biographie ne leur effleure jamais l’esprit.

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