Trop de pression

Eh oui, te voilà avec toute ta bonne foi

Et tes beaux conseils à la Peter Pan

T’as même pas de cicatrices dans’face

Et tu ne peux même pas supporter la pression

Traduction libre, Pressure, Billy Joel

Est-ce rien que moi ou il semble que la pression devient insoutenable par moments? Nous sommes tous en proie à une lente mais inéluctable augmentation de la pression, une main divine (diabolique?) semble faire un petit tour de manivelle de temps en temps sur l’étau de l’exigence et tente de nous écraser sous une pression de plus en plus forte.

Est-ce essentiellement lié à l’exigence sans cesse grandissante de performance dont nous sommes victimes, la course folle aux fins de mois angoissantes, ou à l’ensemble de la déjection bovine qui sévit partout alentour de nous? (Je n’ai rien trouvé de mieux pour traduire la bullshit, désolé). On nous enseigne à faire avec et à utiliser le surplus de stress comme un élément de motivation et nous mangeons littéralement de la pression à la grosse cuillère pour déjeuner avec nos oeufs crevés comme si de rien était. Mais ça finit toujours par nous rattraper un moment donné et soudainement on sent comme une sorte de grosse hernie mentale qui se développe, la totale avec des boursouffles qui poppent d’un peu partout où on aurait de loin préféré qu’elles restent cachées bien tranquilles. Ça peut devenir laid des boursouffles d’angoisse qui se mettent à popper de partout. Et les psys sont rendus complètement hors de prix.

Voici donc une liste de suggestions pour vous permettre d’être pro-actifs dans l’art de se calmer le gros nerf soi-même et d’ainsi éviter d’éclabousser votre entourage avec la glue immonde et nauséabonde qu’éjecterait l’explosion soudaine de vos boursoufflures d’angoisse. David Letterman a rendu célèbre le Top 10, trop de pression pour moi. Alors voici . . .

Mon top six :

  1. Arrêtez d’écouter tout le monde et sa soeur. Je vous offre rien de moins que la permission de faire votre petit bonhomme de chemin avec des gros bouchons d’indifférence enfoncés dans les oreilles. N’écoutez plus personne. Ceci inclut, de façon non-limitative, ceux qui émettent beaucoup trop de LOL sur les groupes de discussion en-ligne, les gourous de diètes en tout genres surtout ceux qui ont du pouding à vous vendre, ceux qui savent exactement comment vous devez élever vos enfants en 5 tomes de 29.99$, les coach de vie qui s’écoutent parler sans fin en 5 séances et 3 paiements faciles et les blasés qui braillent tout le temps, à tout propos, à qui veut bien les entendre et même aux autres. 50% de votre stress vient de s’envoler drette-là.
  2. Oubliez ça,  les échéances. Ne vous fixez aucun délai et n’établissez pas d’échéanciers pour les autres non plus. Ne faites que travailler bien calmement. Et si quelqu’un vous demande quand lui fournirez-vous telle ou telle chose, quand en aurez-vous fini avec telle ou telle tâche, mettez-vous à feindre de pleurer de façon incontrôlable, faites comme si vous étiez incapable de leur fournir une réponse. N’hésitez pas à émettre des sons troublants et incompréhensibles et d’abuser des papiers-mouchoirs. Faites ceci autant de fois que l’opportunité se présentera et dans le temps de le dire les gens deviendront beaucoup trop mal à l’aise pour vous demander quoi que ce soit et vous bénéficierez de longues périodes d’accalmie pour compléter en toute sérénité tout le travail qu’on vous a confié et ce, plus rapidement encore.
  3. Ne faites PAS d’exercice. Je ne peux assez insister sur ce point crucial. Toute activité physique de quelque nature que ce soit comporte, outre un coût prohibitif, un risque de blessure qui n’apporterait que davantage de stress sans compter d’atroces douleurs. De plus, l’activité physique intense mène à la sécrétion par notre cerveau de substances anaboliques et androgéniques avec des effets sublimants très semblables à ceux de la drogue. Si vous tenez absolument à sublimer votre stress, il est grand temps que vous vous intéressiez au cri primal. Commencez votre apprentissage au bureau en engueulant de façon impétueuse et imprévisible des objets inanimés (aucun risque d’interaction). Le fax est ma victime préférée.
  4. Ne regardez JAMAIS en direction des miroirs. Chaque fois que vous regardez en direction d’un miroir augmente d’autant vos chances d’y voir quelque chose qui ne fera pas votre affaire. La façon dont vos cheveux sont placés ou pas placés ou encore totalement disparus. Votre nez, ou il sera beaucoup trop gros, ou il sera tout simplement là, en plein milieu de votre face. Les grands cernes noirs ou gris-verts sous vos yeux qui semblent pocher de plus en plus ou les pattes d’oie qui semblent beaucoup plus grandes qu’hier, les rides qui semblent être apparus la nuit passée, autant de choses à ne pas voir par exprès. Alors apprenez l’art de vivre sans miroir et vous pourriez également considérer les avantages de vous pavaner partout avec quelqu’un de beaucoup plus vieux et plus laid que vous à votre côté. Appelez-moi pour une soumission gratuite sans aucune obligation de votre part, je suis disponible.
  5. Dormez énormément, partout et buvez beaucoup de liquide. La vie inconsciente regorge de splendeurs insoupçonnées. D’abord, c’est gratuit, ce n’est pas du tout difficile pour votre carcasse fatiguée et cela permet à votre cerveau de se nettoyer en éliminant toutes ces vilaines toxines que le creusage de méninges quotidien produit (j’ai appris cela ce matin même sur AyoyeDonc.com). Si le sommeil devient impraticable, parce que vous seriez en position debout par exemple, entraînez votre cerveau à se mettre dans un état totalement végétatif sur demande, ou regardez Les barmaids sur canal V, c’est la même chose. Et cessez de tout voir rouge, il vaut cent fois mieux tout boire le rouge.
  6. Faites exprès pour être stupide. Si la possibilité de commettre des erreurs vous effraie et vous impose un stress insoutenable, faites des erreurs de façon délibérée (en privé au début, si ça vous gêne). En vous habituant ainsi à n’être qu’un imparfait comme tout le monde, même si vous pensez que vous êtes parfait (et vous l’êtes), vous allez recalibrer vos attentes en matière de perfection et dominer ainsi votre crainte de commettre des erreurs. Et quand vous maîtriserez l’art d’être stupide à volonté, vous pourrez à votre tour tenir un blogue (comme celui-ci).

Sur ce, bonne chance, je vous souhaite de réduire à néant cette insupportable pression qui accable votre vie, de slacker la vis un peu. Pratiquez quotidiennement ces quelques petits trucs et découvrez toute la joie de la vie dépressurisée.

Finalement, rappelez-vous bien ce dernier, philosophique et non moins précieux conseil : le moins vous agiterez inutilement la cannette de vos vies, le moins de temps vous passerez dans un escabeau à essuyer du Pepsi collé au plafond.

Et le temps c’est de l’argent, spécialement quand votre psy fait exprès pour être niaiseux.

Le Flying Bum

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