De tout et de rien

Des choses qui n’aboutissent pas, des amorces, des notes. De temps en temps, il faut laisser aller. Descendre beaucoup d’entre elles vers la petite poubelle dans le coin droit en bas, donner une dernière chance aux autres de se faire voir. En voici un petit paquet.

de la créativité…

Il n’existe rien de quantifiable dans cette chose dite créativité. Des indices, l’évidence sous la forme d’objets laissés derrière elle, témoignant que l’acte a bel et bien eu lieu, d’étranges pulsions et des successions de gestes comme autant de prédispositions à leur venue. Pensées et actions qui nous mènent sur un mode exploratoire, nous interrogent et ouvrent en nous la voie vers les réponses, les prochaines questions, les inspirations qui allument la mèche, provoquent la joie par secousses et donnent à la main pour un bref instant le pouvoir d’y plonger et de tirer des choses du néant.

de la science et de la politique…

Les milieux scientifiques et agronomiques affirment qu’ils peuvent maintenant modifier génétiquement le popcorn pour en faire du momcorn. Les avant-garde politiques restent muettes pour le moment sur la question.

de la planification et de la restauration rapide…

Les experts-planificateurs s’entendent pour dire que si on avait planifié la dimension du Mac correctement, on aurait jamais dû revenir avec le Big Mac.

des vessies et des lanternes…

On célébrait récemment la venue de plats-santés sous forme de wraps et de salades chez MacDonald. Se rendre au MacDonald pour manger une salade santé, n’est-ce pas un peu comme aller aux putes pour avoir un petit calin?

de l’urgence d’attendre…

J’avais pourtant un rendez-vous formel mais je ne sais plus depuis combien de temps j’étais dans la salle d’attente de mon ophtalmologiste. À la blague, je demande à un monsieur qui y était déjà quand je suis arrivé: “Quel âge aviez-vous lorsque vous êtes arrivé?” Le monsieur me répondit le plus naturellement du monde: “Je ne sais pas exactement mais Jacques Parizeau était encore au pouvoir.” La dérision se répand.

de la surdité et des poils aux mains…

Tabou s’il en est un, la masturbation est pourtant facile. Et répandue partout (rire gras). Comme bien des activités du samedi soir, toute la difficulté réside dans le choix du bon film. Si le nord-américain moyen obtenait un dollar pour chaque fois qu’il s’est masturbé, de quelle couleur serait votre Lamborghini?

des façons de parler à son manger…

Soyez rassuré, je ne parle plus avec mon manger. Avec le temps, j’en suis venu à trouver cela déconcertant de parler à quelque chose que je m’apprête à dévorer. Le manger me parle encore cependant, pas toujours très à-propos, pas toujours très poliment. Il m’arrive d’entendre au loin un quart-de-livre-fromage me supplier de venir le manger, une tarte au sucre me dire envoye-donc. J’ai appris à vivre avec ça. Récemment, le manger s’est mis à me répondre de façon très impolie et mal élevée. Je ne sais pas pourquoi. Je ne lui ai rien fait à part de le manger éventuellement. Je ne l’ai jamais provoqué. Je jure que même dans mes jeunes années je n’ai jamais pris part à un “food fight” de cafétéria et je n’ai jamais déblatéré contre une vulgaire salade aux oeufs surtout quand il s’en trouve une dans la même pièce que moi. J’ai donc choisi d’éviter les arguments malodorants et de me tenir loin des mal engueulés. Comme les légumineuses qui s’expriment par la voie la moins noble, généralement dans un ascenseur, rien de moins. J’ai appris à fuir les enchiladas con chile colorado et leur maléfique pouvoir de forcer l’évacuation d’un étage complet d’une tour à bureaux. Le brocoli, les fraises, les salades aux patates, les meatballs douteux de DaGiovanni, le borscht, la choucroûte avec de la bière, toutes choses qui ont délibérément manqué de délicatesse avec moi et m’ont forcé à me tenir loin des magasins grande surface de la taille de terrains de football où les salles de bain sont inévitablement à l’extrémité opposée. Désormais, lorsque je me retrouve dans un lieu mal ventilé je me replie systématiquement sur le thé vert et les biscuits Petit Beurre. Des gens très polis.

des fraudes ordinaires…

Je ne peux pas le prouver mais je le sais. Quelqu’un insère de la vulgaire eau de robinet dans mes dispendieuses bouteilles d’eau-santé designer à base d’eau d’eskers nordiques scientifiquement reminéralisée à osmose inversée cliniquement. Je le sais, je le goûte. Et ce n’est pas le manufacturier. Ils sont ISO tout ce que vous voulez et audités sans avertissement à toute heure du jour et de la nuit. Je soupçonne qu’on détourne les 53 pieds vers des granges reculées où une gang de p’tits gros mal rasés en camisoles sales avec des bretelles sur leurs grosse bedaines, des bandanas sur leurs crânes chauves et pissant la sueur, chiquant sans fin du coin de la gueule un botch de cigare, armés de seringues pour siphonner la moitié des bouteilles du précieux liquide et le remplacer par de l’eau de champlure avant de refermer le trou avec une simple goutte de Crazy Glue. Les mêmes probablement qui mettent des pelletées de poussière sale mélangée dans du vulgaire sable dans mes sacs de terreau de plantation magique spécialement conçu pour les rhododendrons à travers lesquels sortent maintenant des mauvaises herbes variées et dans lesquels les floraisons sont désormais blafardes. Probablement une organisation internationale dont les tentacules touchent à bien d’autres sphères. Ils sont habiles, pas comme ces stupides imitations de produits bon marché du Dollorama où l’odeur de l’arnaque est aussi subtile qu’un trailer de fumier. C’est comme prendre une boîte de ces détergents à lessive premium spécialement formulés, éco-responsables, energétiquement performants même en eau froide et hors de prix et en substituer un important pourcentage par une poudre insipide de sweat shop du tiers-monde, qui va vraiment s’en apercevoir? Ça m’a tenté d’officiellement déposer une plainte au bureau de lutte au crime organisé et des fraudes internationales d’Interpol.

Mais après réflexion, je me suis dit qu’ils avaient probablement déjà un dossier ouvert là-dessus. Après tout ce sont des experts.

Si moi j’ai vu clair là-dedans . . .

 

Flying Bum

New_pieds_ailés_pitonVert

2 réflexions sur “De tout et de rien

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