Les hommes invisibles – 2

Deuxième partie

Deux femmes avaient mis bas à cheval sur deux lunes du mois d’août, un premier garçon et une première fille nés de deux frères de sang. À l’automne, l’aïeul silencieux se mourait sur son dernier grabat. Jamais n’avait-il livré les enseignements de son coeur, de ses gestes ou de ses paroles aux deux frères nés de son sang, l’art ou la manière d’être eux-mêmes pères à leur tour. Comme un secret qui ne devait jamais être passé, emporté dans la tombe. Les deux frères laissèrent aller les choses indifférents, laissèrent aller cette cérémonie païenne insensée que l’aïeul mourant n’avait certainement pas méritée, la fierté ne lui revenait d’aucun droit. On para d’habits en tout points identiques les deux poupons sans égard aux sexes. La mère du garçon protestait, on rassembla la famille sans elle autour du grabat de l’aïeul mourant. La femme disposa les deux bras de l’aïeul en croix puis déposa en un geste délicat le garçon à la gauche de l’aïeul du côté coeur, la tête du poupon reposant sur le bras décharné du mourant. Refit les mêmes gestes du côté de la raison pour la fille. Les poupons restèrent étrangement silencieux la crainte dans le regard encadrant le visage émacié de l’aïeul mourant, les lèvres entr’ouvertes en grimaces de souffrance, les yeux fermés sur la scène comme suppliant la paix de descendre enfin sur lui. Son épouse sanglotait. On tira de la scène un beau portrait pour égayer à jamais les meilleurs cauchemars des deux frères. L’aïeul mourut avant le solstice de l’hiver sans jamais avoir vu marcher sa suite condamnée à suivre des chemins qui ne se croiseraient plus.

Jean-Guy a été le premier à se lancer en bas du nid de coucou. La nuit espagnole avait laissé des cicatrices infectées. La furie du dépanneur était perpétuellement attisée par les témoins muets. Toutes ces caisses de vin et de spiritueux volées, empilées au pied de son grabat derrière son mur de caisses de Coke perturbaient le sommeil de Camil. La bière avait été écoulée incognito à travers les affaires courantes du commerce, les alcools se faisaient interminables à boire sans laisser de traces. On a longtemps cru que le motif du vol n’était pas totalement étranger à ses retards de loyer, Jean-Guy voulait compenser Camil en quelque sorte. La couleuvre jamais avalée, invoquant tous les prétextes au monde, Jean-Guy avait renoncé à sa participation dans les affaires de l’imprimerie mais était resté bien présent dans les alentours pour un temps, fidèle luron dans la vie parallèle mouvementée de l’entreprise; la pauvre Alice n’aurait pas tout perdu de son idylle insensée. On a embauché un beau gosse, sobre et présentable pour emplir le siège de représentant laissé vacant par Jean-Guy.

L’imprimerie et tout ce qui traînait toujours sous le salon de coiffure avait été déménagé dans un vieux quartier industriel de Ville Saint-Michel entre un débosseur italien et un tailleur de granit qui faisait aussi dans la pierre tombale. Ce ne serait plus nous les plus bruyants du voisinage. Le quart de million a vite été investi en aménagements, en équipements flambant neufs, dans l’enveloppe salariale qui a bien atteint une douzaine de chèques de paye par semaine dans les meilleurs moments. Mais encore dans quelques événements mondains qui s’espaçaient de plus en plus et perdaient de leur magie avec l’usure du temps. Comme toute bonne drogue, ils se devaient maintenant de gagner en puissance et en flamboyance pour se perpétuer. On achetait les cuisses de grenouille aux 20 kilos, le Liebfraumilch à la caisse, la mescaline à l’once. La distance prenait aussi son tribut, Camil devait toujours s’occuper de son commerce du désormais lointain Rosemont. Il passait lentement mais sûrement de partenaire silencieux à partenaire de plus en plus absent qui ne voyait plus l’heure de récupérer ses billes et qui ne manquait jamais une occasion de nous le rappeler. Chaque fois qu’on tentait de lui verser des dividendes, il refusait pourtant. Ambivalent et déchiré à l’idée qu’une quittance pourrait signifier la fin d’un épisode singulier de sa vie qui l’avait tout de même ressuscité de ses cendres et l’avait animé d’un feu nouveau. Et Alice n’en pouvait plus de se transporter de Boucherville à Ville Saint-Michel, elle faisait toujours la tenue de livres, la paperasse, le courrier qui me terrorisait toujours mais elle opérait de chez elle la plupart du temps ne venant au bureau qu’une fois ou deux la semaine. Les présences de Jean-Guy qui s’espaçaient, les spasmes au coeur d’Alice s’étaient apaisés. L’essentiel de l’oeuvre reposait maintenant sur mes épaules et celles de Richard, des heures et des heures de plaisir dans la shop. Dans le coin gauche, les affaires roulaient à un train d’enfer, dans le coin droit, ça sentait déjà la mort.

Six ou sept hirondelles sillonnent les airs,

le jeu rapide de leur vol ininterrompu

comme si elles étaient appelées par une voix –

les mouches deviennent moins nombreuses autour de ma tête.

Ton père est mort le mois dernier,

il est enterré… pas trop profond pour reposer

aussi vivant qu’une plume

sur le sommet de l’esprit.

Funérailles pour… , Robert Lowell, traduction inédite de Thierry Gillybœuf.

J’ai tellement eu peur de la perdre dans toute cette aventure brouillonne et embrouillée. J’ai sous-estimé sa force et ses espoirs, son amour. Aura-t-il vraiment fallu tout cela pour que naisse en moi le capitaine de mon propre navire, que je pousse enfin le vieux pirate de la pointe de mon épée au bout de la planche, en bas du bastingage, à l’eau vieille peau, débarrasse! Que je tienne le gouvernail à deux mains à travers ma propre tempête et que je voie poindre la grève à l’horizon. Je serai lentement devenu une sorte de père que mon père ne m’a pas appris, formé en cela par le plus grand des maîtres, le regard admiratif et l’amour inconditionnel d’un petit être pas plus haut que trois pommes. La petite main plus puissante que le plus énorme étau d’acier lorsqu’elle me tirait avec elle vers la lumière. Plus les choses allaient mal, plus je prenais du mieux étrangement. Encore à l’envers du monde. On dit qu’il n’est pas rare d’observer, principalement sur des sujets masculins dans la vingtaine, que des dérèglements passagers de l’humeur n’occasionnent des comportements maniaques épisodiques, non récurrents si on est chanceux. Ils s’en sortent généralement assez bien quoiqu’ils demeurent toujours vulnérables à d’autres types de dérèglements de l’humeur, il y a en a pour tous les goûts.

Personne ne connaît jamais personne, ni toutes les réponses; connaître c’est reconnaître et personne ne veut reconnaître, se reconnaître à la limite. Aurais-je vraiment préféré être neuro-typique? C’eût été une voie plus facile. Administrer lucidement mes humeurs, marcher sur la corde raide entre les deux côtés de toutes choses tout le temps, le côté sombre si envoûtant parfois, c’est un travail à temps plein, un travail invisible pour la moyenne des ours. On dit que la créativité est une sorte de vapeur émanant d’une activité cérébrale en surchauffe. C’est ma génèse. C’est aussi en grande partie cette vapeur particulière qui me fait voir les choses sous cet angle très spécifique, me fait les décrire de façon singulière, me pousse à créer tous ces mots, ces images. Je suis cette vapeur, elle enveloppe le flou de mon existence toute entière. Jamais je n’aurais voulu être autre chose que ce feu de boucane. Tout finit toujours par passer dans le vent. Je n’en parle à personne. Je l’écris parfois.

Cli-cling!

C’était fini. Le soir descendait sur Ville Saint-Michel et sur bien d’autres choses encore. Les pauvres gens faisaient à l’époque la queue pour aller porter leurs clés de maison aux gérants de banque et de caisse populaire, la crise avait poussé les taux hypothécaires à des sommets. Les deux bozos qui nous enterraient d’ouvrage étaient disparus nuitamment avec leur sale fric après avoir monté un compte himalayen. Ça ou d’autres choses, le coeur n’y était plus, le super-héros avait remisé sa panoplie ridicule, son beau-frère rêvait de la sainte paix. Avec une équipée qu’on aurait cru sortie tout droit d’un nid de coucou, en pleine récession, on avait quand même monté en un temps record une affaire qui a occupé jusqu’à douze employés avec des méthodes excentriques et colorées qu’on enseigne probablement pas aux HEC. Mais on devrait.

Ma main était encore enfouie dans le passe-lettres découpé dans la lourde porte en bois, Richard solennel à mes côtés. J’étirais le plaisir. Les clés quittaient mes doigts et frappaient le sol de l’autre côté. Cli-cling!

On avait appelé le directeur de crédit de la très fédérale banque et on lui avait dit de venir chercher ses machines et d’apporter une quittance. On lui échangerait contre les dernières copies du plan d’affaires Mickey Mouse d’Alice pour lequel il était tombé comme une fillette et que ses supérieurs ne comprendraient certainement pas. Comme dans les plus beaux temples il y a des colonnes, pour les mauvaises créances, il a compris. Le reste liquidé, encanté, on avait passé la fin de semaine à nettoyer le bordel et jeter le reste dans un conteneur. Nous n’avions pas fait une faillite formelle, juste tourné la page sereinement. Samedi matin, Alice était venue. À même les classeurs de métal et un peu partout dans le bureau, elle avait rapaillé dans une boîte de carton un paquet de papiers qu’elle m’a formellement ordonné de conserver en cas. La boîte était à mes pieds, mon seul bagage. Quand les clés ont frappé le sol, on s’est regardés un moment Richard et moi. Chacun un drôle de tendre sourire, chacun une larme. Une chaude accolade, beaux-frères un jour, beaux-frères toujours. Les deux heureux que tout soit fini, on a tourné les talons une fois pour toutes. Sur tellement de choses.

Richard avait retrouvé la vie simple et heureuse dont il avait toujours eu envie. Il s’était rapidement trouvé un emploi de pressier sur une vraie belle machine à imprimer dans une grande industrie syndiquée. Jean-Guy est parti en exil quelque part en province le temps de se débarasser de ses démons. Il est revenu complètement sobre et je l’ai hébergé chez moi à son retour, le temps qu’il réorganise ses affaires. Il a été photographe de plateau sur une émission populaire du samedi soir puis longtemps directeur de tournée pour plein de belles petites vedettes de la chanson. Alice avait trouvé l’homme de sa vie enfin, un beau français de France qu’elle a rencontré lors d’un voyage dans le sud et qui est venu s’installer à Boucherville où il occupe la position de chef d’un restaurant prestigieux bien connu. Camil quant à lui a succombé aux charmes d’une cliente du dépanneur, sa belle Manon, belle femme bien ronde et toute rousse, pas du tout négligée ni négligente et surtout allergique aux chiens. Il a vendu le dépanneur de la rue Beaubien et s’est lancé dans une nouvelle affaire avec sa douce, Cravates Manon Inc.

Le journal sur le coin de la table titrait : Femme morte dans son lit, faute de médecin pour constater le décès, le cadavre reste sur place toute la fin de semaine en pleine canicule. Fleurette ne se sentait pas bien et elle était montée se coucher en plein party le vendredi soir. Hervé jouait de la musique dans la cave du duplex avec sa gang de cow-boys de pacotille et il était parti pour veiller tard. Quand il s’est réveillé dans son lit après une cuite mémorable, sa douce était grise et froide à ses côtés. C’était un samedi, ils ne sont venus la chercher que le lundi matin après qu’Hervé se soit décidé à appeler le journal. J’aurais bien aimé consoler le pauvre homme, mais je n’habitais plus là. J’avais trouvé plus grand à me loger ailleurs.

Ma douce attendait un petit frère pour mon fils qui était maintenant un grand garçon de deux ans. J’étais devenu directeur artistique pour une entreprise de Ville Saint-Laurent et j’assumais totalement la vie de famille, l’esprit serein. Elle devait accoucher ces jours-ci, elle était toute belle et toute ronde assise devant moi à la table. Le petit déjeunait tranquille dans sa chaise haute. Elle était due à la Saint-Jean-Baptiste, après on partait s’installer pour tout l’été dans un chalet qu’on avait loué dans les Laurentides. Je l’observais avec amour et aussi avec la tendresse un peu ridicule d’un futur père.

Nos yeux se sont croisés et sont comme restés pris un long moment les uns dans les autres. Son regard singulier n’annonçait rien de bon. Un frisson m’a traversé le corps. D’une main, elle soulevait délicatement le coin du napperon, son autre main se faufilait dessous. Je ne peux pas faire autrement, excuse-moi, il faut que tu fasses quelque chose, tu es convoqué. Elle soutirait doucement l’enveloppe brune qu’elle avait cachée sous le napperon puis l’avait mise devant moi, nerveuse. Mes vieux démons n’étaient jamais bien loin.

“In the end, there is no end.”

-Robert Lowell, Day by day

Je me suis annoncé, on m’a demandé de patienter. Assis sur le bout des fesses, la boîte de carton poussiéreuse d’Alice à mes pieds, la mort me semblait une douce alternative à ce rendez-vous obligé. Après un siècle et demi d’attente, je m’étais planté une cigarette sur le coin des lèvres, pas allumée. Ça me faisait du bien. J’étais leur seule victime ce matin-là, personne d’autre dans la salle d’attente. Il m’est apparu un petit bonhomme qui ne correspondait en aucun point à un bourreau ou au succube de l’état que j’attendais. Un jeune homme, trentaine, cheveux longs, barbe pas faite.

Monsieur St-Pierre? (Non, Jeanne d’Arc, tabarnak, as-tu du feu?) Suivez-moi, monsieur St-Pierre.

Mine de rien, le jeune avait un bureau fermé sur le bord d’une fenêtre, il fallait que ce soit quelqu’un d’important. Les pieds de céleri sont installés dans des cubicules minuscules d’habitude. Il me fait asseoir, fait de même. Sur un grand bureau étrangement propre et ordonné, seule une chemise de quatre pouces d’épais se tenait devant lui. Pas d’ordinateur, rien, ce n’était pas encore la mode. Mon dossier, assurément, quatre pouces d’épais, c’est pas rien.

ABC Secrétariat Arts Graphiques c’est vous ça, monsieur St-Pierre? Vous n’êtes pas facile à trouver, vous. Inutile de nier rendu là. Selon nos observations, monsieur St-Pierre, vos rapports de déductions à la source sur salaires, vos documents corporatifs annuels, vos rapports de perception de taxe provinciale, de santé et sécurité au travail, l’impôt des corporations, rien de tout cela n’est vraiment à date. Vous pourriez nous devoir des sommes importantes, intérêts, pénalités et toute cette sorte de choses. Êtes-vous en mesure de fournir tous ces rapports? ABC Secrétariat Arts Graphiques a-t-elle encore des activités, des actifs?

J’avais chaud, le sang me frétillait et les rotules me brûlaient par en-dedans. Je n’avais plus de salive, ma vue s’embrouillait lentement. Le fonctionnaire a bien vu, il me dit alors sur un ton soudainement différent: Vous savez, monsieur St-Pierre, ces choses-là ne sont pas plus faciles pour moi que pour vous. Il avait vu mon désarroi, moi je revoyais le frère Côté en 7ème année qui m’avait violemment giflé pour ensuite me dire que ça lui avait probablement fait plus mal qu’à moi. Le jeune homme avait probablement un petit fond moelleux comme le frère Côté. J’avais cru deviner à l’ordre impeccable qui régnait dans son bureau qu’il n’était probablement pas le plus vaillant. Généralement, les bourreaux de travail opèrent dans un bordel monstre.

On était haut, je voyais Rosemont au loin par la fenêtre qui ne s’ouvrait pas, aucune fuite possible de ce côté. Quelques classeurs bien propres, une plante unique, très verte et bien saine. Une belle déchiqueteuse à papier, son petit panier vide et propre. Derrière moi, la porte restée ouverte. Je me suis levé, je suis allé lentement fermer la porte sous le regard interrogatif du jeune homme. J’ai ramassé la boîte d’Alice, je l’ai déposée sur le coin de son bureau, je l’ai débarrassée du long papier collant qui la tenait fermée depuis tout ce temps et qui n’a même pas résisté. J’ai déplié les quatre panneaux de la boîte puis je l’ai retournée tout doucement laissant tomber tous les papiers pêle-mêle sur son beau bureau, jusqu’à enterrer mon dossier de quatre pouces qui traînait toujours là. Son visage valait le déplacement. J’ai tout simplement dit au jeune homme sur un ton calme facile à confondre avec celui d’un psychopathe serein et prêt à tuer : Tu vas avoir un gros choix à faire à matin, jeune homme. Tous ces papiers me terrorisent au plus haut point, je ne peux même pas y toucher, mes réactions seraient imprévisibles. Tu reprends toute l’histoire comme tu peux, tu démêles tous ces bouts de papier, tout est là parole d’Alice, et quand tu auras fini, tu me convoques et je reviens avec elle; tes calculs sont mieux d’être exacts, Alice est é-coeu-ran-te dans les chiffres.

Ou . . . tu attends que je sorte d’ici, mine de rien tu essaies la belle petite machine derrière toi. Celle qui a l’air de ne jamais servir. Tu fais du beau spaghetti en papier avec tout ça et je te jure que je n’en parle à personne, jamais. Motus, bouche cousue.

Je suis reparti sans dire au revoir, le coeur en paix, et je n’ai plus jamais entendu parler de lui, vrai comme je suis là.

Maintenant, c’est la fin.

Flying Bum

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À propos de Robert Lowell

Robert Traill Spence Lowell est né le 1er mars 1917 à Boston, fils d’un officier de marine et appartenant à une éminente famille dont les racines plongent jusqu’aux Pilgrim Fathers. Il entreprend des études à Harvard, qu’il interrompt, et se convertit au catholicisme. Objecteur de conscience pendant la Seconde guerre mondiale, il sert plusieurs mois dans une prison du Connecticut. Par la suite, il sera un virulent opposant à la guerre contre le Vietnam. En 1940, il épouse la romancière Jean Stafford (1915-1979), dont il divorce en 1948, et épouse l’année suivante la romancière et critique Elizabeth Hardwick (1916-2007), dont il aura une fille, Harriet, née en 1957. Maniacodépressif, il effectue de nombreux séjours en hôpital psychiatrique. Il est l’auteur d’une douzaine de recueils, dont Lord Weary’s Castle, qui lui vaut le prix Pulitzer de poésie en 1947 et The Dolphin, qui lui vaut un second prix Pulitzer en 1974.

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