Monde d’idoles

Une bien fâcheuse manie que Lucien Simard traînait depuis des lunes. Peu importe la personne avec laquelle il était attablé, les conversations aux autres tables alentour le fascinaient au plus haut point. Tous les travers de la nature humaine, les têtes hirsutes, les personnalités singulières, tout cela le ravissait au point de lui faire oublier ses propres compagnons de table. Il y trouvait quelquefois l’étincelle pour allumer les mèches d’un texte nouveau, une nouvelle histoire à écrire, un personnage particulier. Lucien Simard écrivait en autodidacte depuis qu’il avait abandonné les affaires et survécu à deux épouses.

Avant de rentrer chez lui, il s’était arrêté au Café des mineurs sur la rue principale, ce café qui autrefois avait été fréquenté par son père et qui avait changé de nom depuis, le café pas son père. Simple curiosité, nostalgie aussi. Enfant, son père lui faisait quelquefois la grâce de l’emmener avec lui et lui offrait boissons gazeuses et frites, quelques sous pour jouer dans les machines à boule ou pour glisser dans la craque du juke-box pendant qu’il s’attablait avec d’autres prospecteurs pour un long moment. Les lieux avaient bien changé depuis. Une clientèle nouvelle avait envahi la place, amateurs de bière locale, étudiants, intellectuels, toute la faune culturelle de cette petite ville. Les prospecteurs étaient passés à d’autres projets, ailleurs. Lucien avait ressenti une émotion vibrante au fond de lui-même en pénétrant les lieux, l’endroit métamorphosé comme un témoin du temps qui passe et qui passe, inlassablement. Les mêmes chaises de taverne de bonne facture mille fois repeintes se faisaient machines à voyager dans le temps, ses fesses de gamin s’y étaient déposées et ses fesses décharnées de vieil homme s’y trouvaient ce soir presque cinquante ans plus tard.

“Bonsoir, monsieur, ça va? Vous êtes de passage dans la région?” lui avait demandé la serveuse, une belle grande rousse qui avait à peine l’âge de la fille de Lucien.

“Non, je suis là pour rester. Je suis né dans cette ville mais l’essentiel de ma vie s’est déroulé ailleurs. Je reviens m’installer ici, pour de bon.”

“Le vieux dicton, hein?” avait-elle répondu, “quand vous avez bu de l’eau de la source Gabriel, vous êtes condamné à revenir ici tout le temps. Qu’est-ce que je vous sers?”

“Une belle grande rousse, en fût s’il vous plaît.” Avait-il osé lui demander comme un vieux charmeur un peu ringard. “S’ra pas long”, avait-elle répondu souriante sans s’offusquer le moins du monde.

 

 

Un trio plutôt insolite. Comme Lucien Simard les aimait. À une table voisine, deux types assez costauds qui ne semblaient pas du tout vouloir entendre à rire. Un peu paranos, aussi. Leurs têtes rasées tournaient perpétuellement dans tous les sens comme des girouettes paniquées. Des flûtes de bières étaient complètement englouties et avaient l’air minuscules dans leurs énormes mains, on ne pouvait voir retrousser qu’un rond de mousse encerclé par leurs pouces titanesques. Une femme étrange attablée avec eux. La dame portait de toute évidence une perruque plantée à la va-vite sur sa tête, un foulard à la Bardot noué sous le menton, des grosses lunettes noires opaques qui lui descendaient bas sur les joues, vêtue de couleurs sombres. Elle sifflait des daïkiris aux fraises l’un après l’autre dans un silence de cathédrale. Lucien était intrigué mais à la fois déçu qu’aucune conversation ne vienne donner de la substance à ces personnages singuliers qu’il épiait furtivement. À un moment, la dame avait tourné la tête vers lui, quelques fois même. Puis elle avait abaissé les lunettes juste ce qu’il faut et l’avait définitivement regardé dans les yeux. Puis elle avait remonté les lunettes.

Lucien Simard pensait quitter les lieux lorsque la dame s’était levée. Les deux malabars avaient fait la motion de se lever également mais les deux mains de la dame appuyées sur leurs avant-bras leur avait commandé de se rasseoir. Elle s’était déplacée vers la table de Lucien, s’était tirée une chaise puis s’y était assise.

“Lucien Simard, non?” lui avait-elle demandé. Un timide oui, intrigué, du bout de la gueule lui était venu. “C’est certain que tu ne m’as pas reconnue” avait dit la dame. Puis elle avait enlevé les lunettes provoquant des tournis de tête intempestifs des deux gros garçons qui s’énervaient toujours pour rien.

“Ah, ben, ciboire, Déliane Fortier, qu’est-ce que tu fais icitte?”

 

 

Peu de gens savaient qui était vraiment Déliane Fortier. Petite fille débarquée dans la classe de deuxième année B de Lucien Simard en 1964, elle avait vécu ici une quinzaine d’années. Compagne de classe, amourette d’enfants, lorsque Lucien Simard avait quitté la ville, elle était déjà inscrite au tout nouveau conservatoire de Lamaque. Puis elle était devenue chanteuse, auteur-compositeur-interprète, puis une star internationale qui brûlait les planches des plus grandes scènes, vendait des chansons à la tonne partout dans le monde. Plus jeunes, ils s’étaient croisés au hasard à différentes occasions puis plus jamais, depuis une cinquantaine d’années au moins. Elle habitait maintenant Los Angeles.

Lisa Belle, ça sonnait aussi bien en anglais qu’en français. Un vrai nom de star qui faisait tourner tous les regards sur son passage. Mieux que Déliane Fortier en tous cas.

 

 

“J’ai joué ce soir au Festival des guitares, on m’a rendu un genre d’hommage.” avait répondu Déliane Fortier. “Chaque fois que je joue ici, et c’est pire en vieillissant, je souffre d’une profonde nostalgie, je viens m’asseoir dans un bar au hasard et je siffle des daïkiris en cherchant désespérément à travers toutes les faces vieillies de tous ces buveurs des visages familiers, des témoins de mon enfance, c’est fou je le sais. Toi qu’est-ce que tu deviens?” avait-elle questionné.

“Oh, ce serait bien long à raconter. Toujours est-il que je suis revenu m’installer dans le coin. J’ai vendu toutes mes affaires en ville et je me suis installé sur l’île Siscoe. J’écris, ça meuble mes vieux jours. Revenir ici en quête d’une connexion avec mon passé, mon enfance lumineuse comme j’aime la décrire, m’aide à combattre le spleen de vieillir.”

Les deux costauds avaient commencé à pianoter des doigts sur table voisine. Le danger rôdait toujours dans les recoins les plus inattendus autour de Lisa Belle, la grande star internationale.

“C’est fort, quand même, la peur de vieillir. C’est la mort qui se cache en-dessous de tout ça. Et la foutue nostalgie qui vient nous envahir. Écoute, j’aimerais bien qu’on jase un brin mais je dois libérer mes deux gardes-du-corps, je dois être à ma chambre d’hôtel à minuit. Si tu m’invitais sur l’île Siscoe demain? On pourrait se raconter des vieilles histoires, rattraper les bouts manquants, non?

Lucien Simard éternel distrait pensait bien qu’il avait rêvé mais sur le chemin du retour il se rappelait clairement qu’il avait griffonné son adresse sur une serviette de papier et il le regrettait déjà, même s’il ne savait pas exactement pourquoi.

 

 

Depuis longtemps, il avait rêvé de paix. De la sainte paix. Ralentir le tempo fou comme ces gens qui courent se battre contre les moulins à vent, reprendre son souffle. Revenir à l’essentiel. Faire toutes choses à son rythme à lui. Simplifier, respirer. Maintenant, la vie même solitaire lui apparaissait comme une chose heureuse, tranquille. Et à mesure que la vie se faisait aussi douce pour lui, la mort ne l’effrayait plus du tout, lui. Plus il avait appris à apprivoiser la vie, plus il apprivoisait sa propre mort. La mort ne serait plus pour lui que la quintessence de la vraie christ de paix.

 

 

Lucien Simard aimait s’étendre dans sa chaise longue face au lac Siscoe dans la douceur de l’été abitibien si court. Il observait le flot tranquille des eaux du lac et pouvait, sur le pont en bas de la côte, voir venir les enquiquineurs de loin. Il était installé depuis moins d’un mois dans sa nouvelle maison et avait choisi le lieu le plus habilement dissimulé au regard des voisins par des haies de chèvrefeuille majestueuses qui étaient déjà jaunes de fleurs abondantes. Quelquefois il écrivait, sa tablette sur les genoux, d’autres fois il se faisait tout simplement contemplatif de longues heures. Ou encore il se laissait gagner par le sommeil et ronflait aux quatre vents assez pour faire peur aux mouettes.

 

 

 

Au loin, une petite voiture sport jaune décapotable traversait le pont. À mesure que la voiture approchait, il pouvait voir la conductrice la tête couverte d’un foulard à la Bardot et les yeux cachés sous d’énormes verres fumés. Merde, avait-il pensé. Déliane Lisa Belle Fortier. Il avait momentanément oublié, son esprit avait vraiment fait tous les efforts pour oublier, peine perdue. Seule cette fois-ci, elle avait dû semer ses colosses quelque part. Son invitation de la veille lui tentait maintenant autant que passer une pierre aux reins.

Elle avait ralenti au bas de l’allée, avait sorti une serviette de papier de son sac, l’avait observée puis l’avait laissée partir au vent négligemment. Elle avait avancé la petite voiture sport jusqu’au bout de l’allée de gravier puis, sans gêne, avait avancé sur les pelouses et tourné cacher la voiture derrière la maison. “Ça te dérange pas?” avait-elle crié, “Tout le monde reconnaît ma voiture!”

Lucien Simard regardait les profondes traces de pneu sur sa pelouse, ébaubi. “Ben non, fais comme chez vous, ça va repousser. . . un jour.” avait-il dit s’avançant pour lui ouvrir galamment la portière. “Pas pire, chez vous!” avait-elle dit en s’extirpant péniblement de la voiture qui portait plutôt bas. Il l’avait aidée en la soulevant par les chairs flasques de ses avant-bras. Elle s’était rendue au coffre arrière en claudiquant, les pointes de ses talons hauts s’enfonçant dans la pelouse lui donnaient une démarche de fille saoule. C’est bon pour l’aération du gazon avait pensé Lucien en lui-même pour se consoler. Lucien tout près d’elle pouvait maintenant apprécier de visu ce que pouvait représenter des années de chirurgie plastique. Il lui fit la bise sur les joues non sans dédain retenant sa main surprise qui s’était enfoncée dans sa hanche dodue et molle. Elle lançait ses pompes au fond du coffre et restée pieds nus en avait ressorti un grand sac en paille. “On s’installe où?”, avait-elle demandé.

Lucien l’avait guidé vers une petite table de fer forgé sous un gazébo plus loin, lui avait poliment tiré une chaise. Elle avait laissé tomber son sac avec fracas sur la petite table vitrée et Lucien avait retenu son souffle craignant qu’elle ne parte en mille miettes. “As-tu de la glace?” lui avait-elle demandé du tac au tac en sortant du sac un quarante onces de rhum blanc. Lucien lui avait prestement retiré la bouteille des mains et l’avait déposé doucement sur le plateau de verre de la table. Elle avait sorti deux verres à martini et une pleine poignée de sachets de daïkiri aux fraises instantané en poudre. Résigné, Lucien était parti chercher une chaudière de glaçons.

 

 

Lucien se préparait à une expérience gustative pénible, ils avaient levé leur verre de daïkiri rouge et porté un toast à leurs “retrouvailles”. De toute évidence, elle, n’en était pas à son premier. “Ça arrives-tu souvent icitte des affaires de même?”, lui avait-elle demandé. “Des affaires comment?” avait répondu Lucien. “Regarde sur le lac”, lui avait-elle répondu pointant du doigt au loin. Un hors-bord de bonne dimension était immobilisé au large et deux passagers s’y tenaient debout observant le rivage dans leur direction. “Non, mais en fait je n’habite pas ici depuis si longtemps que ça, à peine trois semaines. Le monde sont senteux pas mal, je trouve.” Et Déliane avait ajouté : “Toi, t’es pas habitué à ça, mais moi ça m’arrive tout le temps, faut toujours que je me méfie. Mais là, personne ne sait que je suis ici.” Puis dans un petit vrombissement suivi d’un bruit de fracas, un drône venait de frapper le poteau de la corde à linge et s’écrasait au sol. “Bon, c’est quoi ça encore ciboire?” exténué et se dirigeant vers la chose pour voir ce que c’était. Deux grosses têtes avaient poussé sur le haut de la haie. “C’est tu chez vous que ça s’est écrasé?” demandait la voisine aux côtés de son mari silencieux. “Excusez-nous l’intrusion, on s’est jamais présentés” avait rajouté le mari. “On peux-tu traverser se présenter?” avait-il ajouté. “Ben oui”, avait répondu Lucien, complètement dépassé. “Amenez-vous deux verres”, criait la vedette, “on va vous faire des bons daïkiris aux fraises!” en levant le quarante onces de rhum bien haut. “Heille, Roger, regarde. C’est Lisa Belle la chanteuse!” criait la voisine excitée comme une fillette en se tirant une chaise. “Ben oui, toé, on peux-tu se faire un selfie, madame Belle?” Déliane Fortier s’était levée pour la pose et avait “déposé” le quarante onces sur la table si délicatement qu’elle avait explosé en mille miettes pendant qu’une voiture freinait dans un nuage de poussière dans l’allée. Lucien s’était élancé voir qui c’était mais avait arrêté sa course en plein milieu du nuage de poussière, à moitié étouffé. Son cellulaire vibrait dans sa poche. Sa fille qui l’appelait. “Papa, regarde sur Monde d’idoles, tu vas capoter!” Lucien aussitôt avait gougoulé le site à potins et le cœur avait failli lui lâcher lorsqu’il avait vu une photo de lui et Lisa Belle portant un toast avec deux daïkiris aux fraises. Et ça titrait :  Voici le nouvel amour de Lisa Belle.

Un homme, une femme et un adolescent boutonneux étaient descendus de la voiture et se précipitaient vers le drône. “Elle est là ton hostie de bébelle, maintenant tu vas aller ramasser tous les morceaux et t’excuser au monsieur.”

“Maurice, r’garde, c’est pas Lisa Belle, ça? J’capote!” avait dit la mère du garçon. “Lucien, va chercher d’autres verres, on a des nouveaux invités, as-tu une autre table quec’part?” gueulait la chanteuse. Le hors-bord avait failli défoncer le quai. Tous les passagers descendaient un après l’autre, poupounes à gros tétons en bikinis et douche bags caisses de bière à la main. “Ça vous déranges-tu si on passe par chez vous, on a manqué de gaz. Heille c’est pas chose, ça, Lisa Belle la chanteuse? Ah, ben ciboire, ça vous déranges-tu qu’on finisse nos bières avec vous autres, avez-vous apporté une guitare quec’chose?” Les voisins de l’autre côté débarquaient dans le brouhaha pour se présenter eux aussi. “On est pas des cotons, nous autres!”. Lisa Belle s’était rendue à la voiture sport ramasser la guitare qui traînait sur le siège arrière. Elle revenait vers le groupe guitare à la main. “Daïkiris pour tout le monde, showtime!” criait-elle, pendant que la foule tapait des mains. Lucien s’était précipité sur elle et tentait de lui arracher la guitare des mains mais Lisa Belle se débattait avec l’énergie du désespoir, elle l’avait agrippé par les couilles pour qu’il la laisse aller. Lucien avait finalement abandonné, plié en deux de douleur. Pendant qu’elle s’accordait devant son public, le cellulaire de Lucien s’était mis à vibrer à nouveau. “Oui, fille, j’ai vu, là ça se complique faut que je te laisse.” avait rapidement débité Lucien. “Non, papa, raccroche pas. Regarde encore sur Monde d’idoles, tu vas capoter encore plus.”

Une photo montrait un couple en plein combat, lui et Déliane Fortier, échevelés, lui qui tire la guitare, elle qui lui pince les couilles. Et ça titrait :  Les amours de Lisa Belle, rien ne va plus. C’est bien fini entre les deux tourtereaux.

Un gros 4 par 4 avec deux gros tabarnaks freinait directement sur le gazon faisant rouler des longueurs de tourbe sous les grosses roues. Les deux malabars se précipitaient. Un vers la voiture sport, l’autre sur Lisa Belle en plein milieu de son plus grand succès qu’elle malmenait sans pitié. Il la soulevait de terre et emportait la pauvre fille sous son énorme bras. Elle se débattait comme un diable dans l’eau bénite. “Laissez-moé finir ma toune, y’est où mon daïkiri aux fraises, tabarnak?” criait-elle comme un putois. Une pétasse tombée à la renverse dans le verre brisé saignait des fesses et criait au meurtre. La voisine courait derrière, apportait un beau daïkiri flambant neuf à son idole de jeunesse. Elle l’avait sifflé d’une traite. En passant devant Lucien elle lui avait giclé sa gorgée de daïkiri aux fraises au visage comme un lama. “Bel accueil, j’vas m’en rappeler en ciboire!” avait-elle gueulé pendant qu’on la montait de force dans le gros 4 par 4 qui décollait en trombe laissant mottes de terre et deux tranchées profondes derrière lui.

 

 

Le bruit d’un moteur l’avait réveillé. Lucien Simard dormait dans sa chaise longue, un rond de bave qui s’étendait vers son cou. Il avait lentement ouvert les yeux, inquiet, le rythme cardiaque anormalement élevé. La pelouse était intacte, rien ne traînait nulle part. Silence total. Pas de vitre cassée nulle part. Il était bel et bien seul dans la sainte christ de paix dans sa cour impeccable, aucun hors-bord accosté au quai ni de drône crashé au pied du poteau de corde à linge. Rien. Nulle part. La grosse paix.

Au loin, une petite voiture sport jaune décapotable traversait le pont. À mesure que la voiture approchait, il pouvait voir la conductrice la tête couverte d’un foulard à la Bardot et les yeux cachés sous d’énormes verres fumés. Merde, avait-il pensé. Déliane Lisa Belle Fortier. Lucien s’était précipité dans son cabanon, s’était embarré en-dedans et observait par une fente à travers les planches.

La star était descendue de voiture, avait fait le tour de la maison, était descendue jusqu’au quai admirer la beauté du lac Siscoe. Elle avait lancé son verre de daïkiri aux fraises vide dans le lac puis elle était remontée vers la maison. Elle avait monté les marches du grand balcon et avait frappé à la porte d’en avant puis la porte d’en arrière sans réponse. Elle avait approché son nez de toutes les fenêtres, les mains de chaque côté du visage pour tuer les reflets, en vain. Elle avait tourné la tête, jeté un dernier regard partout et était tout simplement remontée dans la petite voiture sport, hébétée. “Bel accueil, j’vas m’en rappeler en ciboire!” avait-elle dit tout haut juste pour elle. Puis elle était repartie en lâchant un gros câlisss et en faisant crisser les pneus. Lucien avait eu tellement peur d’être surpris à se cacher lâchement dans son cabanon et obligé de s’inventer des excuses, particulièrement paniqué quand son téléphone avait mal choisi le moment pour se mettre à vibrer.

“Papa? Regarde tout de suite sur Monde d’idoles, tu vas capoter!”

Une série de photos montrait la célèbre star internationale dans différentes poses alentour de chez lui et ça titrait :

Exclusif : Lisa Belle se magasine une maison en Abitibi!

 

 

Flying Bum

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Photo couverture: L’actrice américaine Vivian Leigh, infographie du Flying Bum.

 

 

3 réflexions sur “Monde d’idoles

  1. J aime beaucoup ces récits qui me ramènent encore au pays d ou je viens.Moi aussi mon père m amenait avec lui à la taverne,chez Frenchie,merci .

    Aimé par 1 personne

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