Chroniques du péché mortel (2)

Le suppôt de Satan avait fait son choix, un choix facile. Il avait vu de ses yeux vu bien plus de péchés mortels commis par Rosaire que par n’importe qui d’autre cette fameuse nuit-là dans cette chambre-là. Heureux les cœurs purs, le suppôt avait laissé les pauvres enfants tranquilles et s’en était retourné vers son maître avec l’âme de Rosaire, inutile de faire la litanie de ses fautes.

Faut-il beaucoup de péchés mortels pour mériter l’enfer?

– Non; pour mériter l’enfer: il suffit d’un seul péché mortel.

De peur de son propre père, Sylvie s’était endurée jusqu’au lendemain soir avant de se plaindre de son bras qu’elle cachait de son mieux. Olive avait raconté au médecin que la petite se l’était cassé en traîne sauvage dans la côte de cent pieds.

-“C’est la dernière fois que je te couvre, Rosaire Sévigny, là tu vas faire un homme de toé. Tu vas arrêter de boire pis tu’suite.”

Et quand elle l’appelait par son nom de famille, c’était du sérieux. Mais le péché de gourmandise le rongeait toujours, l’addiction était sévère, l’ivrognerie la plus vile. Mais encore son âme appartenait maintenant au diable de plein droit.

Après ce fameux Noël, les Santerre avaient fermé leurs portes aux Sévigny, pauvre Olive. Et le printemps suivant un cancer fulgurant avait emporté Germaine, la mère de Lothaire. Olive avait mis son Rosaire à la porte en lui disant de revenir sobre ou de ne jamais revenir. Sylvie n’avait plus jamais revu Lothaire.

Deuxième partie

Montréal, Noël 1971.

Cette année-là, il était clair que nous aurions un Noël bien blanc. La neige avait tombé en légères boules blanches flottant suavement entre ciel et terre tout l’avant-midi. Dès l’heure du dîner passée, le vent du nord avait remplacé le calme plat et cette neige de contes de Noël se faisait maintenant compacte et humide. Ça tombait dru partout. Une neige pour hommes. Et les rafales menaçaient de s’en mêler.

***

Si on n’avait pas su, on aurait pu facilement croire que Simone Fréchette était une de ces madames imposantes comme celles qui tiennent les rennes d’un grand bordel de luxe. Imposante poitrine et fessier à l’avenant, toujours bien mise dans de belles robes de chez Dupuis & Frères, une masse drelin-drelante de bijoux de qualité douteuse, des parfums de magasins à rayons et un maquillage digne des grandes actrices de cabaret. Rue Ontario près de Plessis, Simone Fréchette tenait effectivement maison. Une maison de chambres, on devrait plutôt dire une pension, pour les jeunes filles qui étudiaient de l’autre côté de la rue à l’Académie de coiffure de Montréal. Toutes des jeunes filles de bonne famille qui venaient des régions, des lointaines campagnes, et que leurs familles confiaient aux bons soins de madame Fréchette le temps de leurs études. Les tenir loin des tentations de la grande ville et du péché qui sévissait toujours un peu partout à portée de marche dans le bas de la ville était la mission que Simone s’était donnée et elle l’accomplissait avec zèle. Montréal était encore la ville de Jean Drapeau, entre l’expo 67 et les olympiques de 76; un vent d’optimisme et de joie de vivre soufflait toujours joyeusement, et nuitamment surtout, sur les braises du vice montréalais qui brûlaient perpétuellement.

Ce matin de veille de Noël, les filles étaient excitées, affairées à compléter leur bagage. Enfin, la longue session d’automne était complétée. On viendrait les prendre et les ramener dans leurs familles pour la période des fêtes. Une à une elles disparaissaient dans de grands au revoir tristounets et des grandes embrassades entre copines. Mais leurs sourires revenaient à mesure qu’un parent arrivait pour les prendre à leur tour. Madame Fréchette supervisait les opérations avec flegme et fermeté. Elle cachait mal son propre bonheur de s’envoler en soirée rejoindre son frère et sa belle-sœur qui tenaient un petit motel à Pompano Beach en Floride. Elle avait une sainte horreur de la neige et du froid.

Aucune fille ne pouvait demeurer à la pension pendant la période de vacances. Et la maison se vidait une à une de ses pensionnaires. La toute dernière rongeait encore son frein assise devant son bagage et il était déjà 3 heures passé. Simone Fréchette tapait du pied et s’inquiétait pour le père de sa plus rebelle protégée qui devait être aux prises avec la tempête quelque part entre Val d’Or et Montréal. Quelques coups de téléphone n’avaient rien donné de bon pour rassurer la femme et la jeune fille. Simone Fréchette en était à se demander si elle n’appellerait pas la Sûreté du Québec pour voir s’il n’y avait pas eu un grave accident dans le parc de la Vérendrye ou quelque part d’autre sur la 117.

“Il ne viendra pas, c’est rien qu’un ivrogne qui tient jamais ses promesses.”, avait affirmé la jeune fille par dépit. “Ça ou il a commencé à fêter trop de bonne heure et il a pris le champ dans le parc.”, avait-elle ajouté. “Ils vont le retrouver vivant demain matin. Ça gèle pas un saoulon. C’est ma mère qui l’a forcé à venir me chercher, sûrement pas son idée à lui.”

“Oui mais écoute, jeune fille, moé je pars en Floride, là, j’ai mon avion à 6 heures, faut je parte moé là, j’peux pus attendre ben ben, j’avais bien dit avant 2 heures à tout le monde”, plaidait Simone Fréchette. “Je ne peux pas te laisser ici tu’seule de même, t’as rien que dix-sept ans. As-tu de la parenté à Montréal, quec’chose?” Simone Fréchette n’avait jamais, oh grand jamais, laissé une de ses filles dans le trouble. Même ses plus révoltées comme Sylvie Sévigny.

***

En ces temps-là, les jeunes de Montréal vivaient à l’heure de l’underground. Les nouvelles radios alternatives jouaient Pink Floyd, Led Zeppelin, Frank Zappa, King Crimson, combien d’autres encore. Toute une contre-culture qui venait de l’Europe et des États était venue faire oublier la récente crise d’octobre et la morosité qui avait suivi. La belle jeunesse sombrait du même coup dans une multitude de paradis artificiels maintenant disponibles partout. Pot, mescaline, haschich, LSD. Les soirs dans les bars du Vieux-Montréal ou de la rue Saint-Denis, les spectacles au Campus, au Forum, au parc des Nations, des dizaines de bars alternatifs du rock au jazz faisaient leurs choux gras de la jeunesse délurée et en avant la fête, rien de trop beau! Mais pas aussi facile pour tout le monde, le monde comme Lothaire, par exemple. Après la mort de sa mère, son père Henri-Évariste avait perdu sa job à la mine East-Sullivan et s’était ramassé le bec à l’eau avec en bonus une condition pulmonaire attrapée dans le fond de la terre. Il s’était exilé en ville où il s’était amouraché d’une anglophone détestable qu’il a tout de même épousée envers et contre tous. Déracinement forcé pour Lothaire qui, après multiples drames et mélos familiaux de toutes sortes, s’était sauvé de la maison paternelle à quinze ans. Il s’était pris un petit boulot de lettreur-graveur après avoir fait croire au patron qu’il savait ce qu’il faisait. Après supplications de Lothaire, le type qu’il remplaçait était resté deux semaines de plus en cachette pour lui montrer le métier et Lothaire lui refilait son salaire en échange. Heureusement que Lothaire était habile et brillant.

Lothaire s’était pris un petit quatre-et-demi des plus modeste dans le vieux Rosemont, une cuisine avec salon attenant sans cloisons et un autre salon-double qui était en fait, sa chambre. Lothaire faisait ce qu’il pouvait pour suivre le rythme de ses amis qui habitaient la plupart chez leurs parents mais souvent il se rabattait sur la lecture et le dessin pour passer ses veillées moins fortunées seul chez lui.

Ce soir de Noël-là, quelques amis étaient passés, histoire de se geler la gueule tranquillement avant de repartir en soirée rejoindre leur famille dans les festivités de Noël. À un certain moment il y avait eu beaucoup d’action dans le petit quatre-et-demi mais vers les dix heures, le dernier visiteur avait quitté. Lothaire ramassait seul les traîneries, les bouteilles vides et vidait les cendriers. Il s’était confortablement installé pour lire un énorme bouquin d’art que sa récente flamme lui avait offert comme cadeau de Noël. Elle l’avait volé chez Raffin où elle était caissière à temps partiel juste pour se payer des frivolités; elle ne manquait de rien, en fait. Volé ou pas, le bouquin était superbe. Il le feuilletait en pensant à sa belle Louise qui était elle aussi repartie vers sa famille l’abandonnant seul avec lui-même. Lothaire était toujours persona non grata dans la famille de Louise, famille aisée et snobinarde, qui acceptait mal que l’une des leurs fréquente un hippie qui n’allait même plus à l’école de surcroît. Comme lui, elle était mineure et devait se plier aux caprices de son père en attendant l’âge de sa majorité qui venait fort commodément de passer à dix-huit ans. Plus que deux ans à attendre.

Lothaire s’était tout de même ménagé un petit réveillon. Pain français, quelques pâtés et fromages, une bouteille de porto d’assez bonne qualité et quatre ou cinq grammes de libanais blond. Il n’attendait plus que minuit vienne et que la forte odeur de tabac se dissipe dans le petit appartement avant de se souhaiter joyeux Noël à lui-même et de passer à table. Il avait rarement revu son père depuis son départ de la maison familiale.

Un disque de James Taylor sur la platine, Lothaire soudainement envahi d’une tristesse profonde, blotti au creux de son divan était tout simplement tombé dans les bras de Morphée avant le grand banquet-solo.

Le suppôt de service cette nuit-là s’emmerdait perché sur le chauffe-eau au fond de la cuisine. Lorsque l’ennui le prenait ainsi il s’amusait à pénétrer les esprits endormis et de faire tourner leurs rêves au noir. Trop facile de tirer une jeune âme, esseulée de surcroît, vers les abysses où se terrent la tristesse et le désespoir. Heureusement, il passait un ange de temps en temps, spécialement dans la nuit de Noël, pour prendre les esprits par la main et les ramener dans la lumière.

Dieu a-t-il donné à chacun de nous un ange gardien?

– Oui, Dieu a donné à chacun de nous un ange gardien, pour nous préserver du mal.

Tout juste avant minuit, des coups dans la porte avaient réveillé brusquement Lothaire. Il s’était précipité le long du corridor. En ouvrant la porte, il avait accueilli une superbe jeune femme et il l’avait reconnue malgré le temps, sa tuque profondément calée sur son front et le foulard qui recouvrait sa bouche. Sylvie était là.

“Qu’est-ce que tu fais icitte? Comment t’as faite pour me trouver? Entre, vite, on chauffe pas le dehors ici d’dans.”

Après l’avoir laissée se débarrasser de son linge d’hiver couvert de neige et de glace et de lui avoir trouvé des gros bas de laine pour mettre dans ses pieds, Lothaire était aller accrocher tout ça sur la pôle de douche. Elle grelottait. De toute évidence elle traînait dehors depuis un bon bout de temps. Il l’avait installée dans le divan et il était allé lui chercher sa plus chaude couverture et lui avait préparé un bon café.

“Je me suis dit qu’il devait pas en avoir beaucoup des Henri-Évariste Santerre à Montréal. Ça m’a pris du temps à allumer, j’ai marché beaucoup. Je suis entrée dans un bar et j’ai demandé un bottin et j’ai fouillé. Ton père m’a dit que tu ne restais plus là puis il m’a donné ton adresse. Il fait dire joyeux Noël, de l’appeler. Toi, je ne t’ai jamais trouvé dans le bottin.”

“Normal, j’en ai pas de téléphone.”

Lothaire était rien de moins qu’ébaubi. Sa belle anémone des bois avait grandi en grâce et en beauté et se promenait désormais dans un superbe corps de jeune femme. Ils avaient longuement bavardé, rattrapé toutes les nouvelles des uns et des autres, remémorés les bons souvenirs et se regardaient maintenant les yeux dans les yeux, alanguis et heureux.

“Fuck, j’avais oublié! Chu donc ben sans dessin. Viens, on va réveillonner!”

Lothaire avait sorti et tranché le beau pain croûté, placé des beaux couverts et les pâtés et les fromages gracieusement disposés sur la petite table de salon et ouvert la bouteille de porto.

“Un toast à nos retrouvailles!”

Après les bombances, les cousins heureux avaient fumé le libanais blond en finissant tranquillement la bouteille de porto et en placotant. Lothaire avait bien senti que Sylvie n’en était pas à sa première fumerie. Les yeux brillants ils se dévoraient du regard encore et encore. Elle était le plus beau cadeau de Noël qu’il pouvait espérer, et lui était le sien. Après un moment, Sylvie avait parlé de son autobus aux aurores le lendemain matin, et de sa mère Olive, disait-elle, qui devait se morfondre seule avec ses deux petits frères. C’était la première fois qu’elles n’étaient pas ensemble à Noël.

“On se fais-tu une grosse pile de couvertures et de manteaux sur ton lit et on va se coller en-dessous pour dormir un peu?” avait-elle proposé bien candidement avec un sourire à faire dégeler un iceberg. “On boudera quand même pas notre plaisir, pour les fois qu’on se voit!” avait-elle ajouté. Sur ce, on frappait encore à la porte. Lothaire se demandait bien lequel de ses amis s’était évadé d’un ennuyeux party de famille et était simplement revenu gâcher sa soirée de retrouvailles. Pour une rare fois, il n’aurait pas voulu que ce soit sa belle Louise qui lui fasse une surprise. Il était allé ouvrir pendant que Sylvie organisait l’installation dans la chambre de son cousin. Lothaire n’avait eu que le temps de voir la grosse face rouge et l’énorme poing brandi, d’entendre la grosse voix qui criait :

“Ah ben, toé, mon p’tit tabarnak!”

Puis, black-out.

***

Depuis le temps, elle s’y était fait et elle n’avait pas froid aux yeux. Rosaire ne comprenait rien, ni du cul ni de la tête et elle le détestait. On ne négocie pas avec les saoulons. Elle avait scanné rapidement les lieux du regard et aperçu une espèce de tête en plâtre qu’elle avait agrippée solidement par le cou. Lorsque Rosaire s’est présenté dans le cadre de la porte de chambre, elle l’attendait. Elle s’était élancée de toutes ses forces et lui avait égrené le bel apollon grec dans le front. Le temps que Rosaire reprenne ses esprits, elle l’avait poussaillé jusque sur le balcon et barré la porte derrière lui, même flanqué une chaise sous la poignée, en cas. Il avait probablement décidé de lâcher le morceau parce qu’elle l’avait entendu descendre l’escalier puis, plus rien. Rosaire avait été chanceux qu’elle ne finisse pas jusqu’au bout le mandat qu’elle s’était donnée et ne pousse sa carcasse en bas des marches.

***

Lorsque Lothaire avait repris ses esprits, une douleur lancinante pulsait au rythme de son coeur sur le côté de son visage enflé. Les bleus mauves de l’œdème avaient déjà commencé à descendre sur son œil. Sylvie était assise près de lui sur son lit envahi par tout ce qu’elle avait pu trouver de couvertures et de manteaux. Elle appliquait doucement sur le visage de Lothaire un sac de bleuets congelés qu’elle avait trouvé dans le congélateur du frigo. “Pauvre Lolo”, répétait-elle comme à elle-même lorsqu’il avait repris conscience. Elle lui avait doucement raconté le bout que Lothaire avait loupé. Rosaire était resté pris trois fois dans les neiges du parc ce qui l’avait retardé et s’était cogné le nez sur la porte de Simone Fréchette partie vers les plages de la Floride. Il avait eu le même réflexe que sa fille et l’avait retrouvée ainsi chez Lothaire dans l’espoir de la ramener à sa mère à Val d’Or.

Sylvie avait fouillé dans sa sacoche et en avait sorti deux 222 qu’elle lui avait fait avaler pour passer la douleur. Elle s’était levée près du lit et avait commencé à s’extirper de son jeans moulant. “Là on va se coucher et on va dormir un peu, faut que je sois au terminus Voyageur à 7 heures demain matin, déshabille-toi, je vais t’aider si tu veux, on va se coller.” Lothaire avait été épluché jusqu’à son caleçon de coton et s’était glissé sous le tas de couvertures. Sylvie assise sur le bord du lit en bobettes s’était débarrassée de ses bas et défaisait un à un les boutons de sa blouse. Quand elle s’était tortillée et qu’elle s’en était extraite c’était un superbe corps de femme qui se révélait à lui, Lothaire était bouleversé. La blouse disparue, elle avait pris un temps d’arrêt. Étiré le bras pour fermer la lampe puis Lothaire l’avait nettement entendu dire : “Ah, pis, que le diable l’emporte!” Il avait vu les doigts de Sylvie chercher dans la blancheur de son dos les agrafes de son soutien-gorge qui s’était scindé en deux avant de disparaître par en-avant sur la table de chevet.

Dès qu’il avait entendu l’appel au diable, le suppôt s’était réveillé en sursaut et était passé comme un éclair de son chauffe-eau dans la cuisine vers le bord de la fenêtre de la chambre à coucher. Il avait eu tout juste le temps de zieuter les deux seins bien ronds et bien fermes de Sylvie. Quelle aubaine, pensait-il. Il y a ici un potentiel sans pareil ! Luxure, adultère, inceste. Le maître à son réveil demain matin recevra la plus belle étrenne de Noël, deux anges devenus démons.

Elle s’était littéralement encastrée le long du corps arqué de Lothaire et avait soulevé le haut de son corps et Lothaire avait compris. Il avait passé un bras sous elle comme il le faisait toujours. Sauf qu’il n’avait plus dix ans. Et elle non plus. On aurait pu entendre voler une mouche dans le quatre-et-demi. La température grimpait vitesse grand V.

Sylvie était allée chercher l’autre main de Lothaire et l’avait ramenée entre ses seins où elle la maintenait tendrement mais fermement. On était bien loin des boutons de roses, la chair tendre de sa poitrine était impossible à cacher ou à oublier. Le souffle court, tout le sang du pauvre garçon voulait lui sortir par les blessures infligées par Rosaire. Et en poussant lentement elle avait fini de mouler ses fesses dans le bassin de Lothaire assez pour comprendre que le petit cousin était maintenant un grand garçon.

“Ciboire, Sylvie, c’était pas péché mortel ça? On est encore cousins, non?” avait-il murmuré du bout de la gueule.

Il caressait doucement le bras de Sylvie et le terrible son de craquement d’os brisé lui revenait comme un cauchemar vivant. Dans la respiration saccadée de Sylvie il avait compris qu’elle n’avait jamais oublié la cruelle pénitence de son innocent péché. Mais Lothaire totalement ébaubi ne faisait que faire son farouche. Il retrouvait son paradis perdu, la chaleur de sa peau douce, son Atlantide engloutie sous les couvertures pesantes, le parfum de l’anémone des bois ramassé dans le creux de son cou si doux que son nez retrouvait avec un plaisir évident et toutes les fourmis rouges de l’Abitibi avaient trouvé le moyen de descendre à Montréal malgré la tempête et de pénétrer son pauvre corps qui démangeait et qui brûlait de partout.

“Des petits-cousins seulement, rappelle-toi.” avait répondu Sylvie sur un ton rigolo.

À suivre.

Flying Bum

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La suite ici

En entête, Autoportrait en enfer, 1903, Edvard Munch, (détail).

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