L’amour est un acte politique

Amour, le mot.

Sa signification moderne embrasse beaucoup plus large que sa définition d’origine qui désignait essentiellement le mouvement de dévotion que porte un être envers une divinité, une entité idéalisée, amour de Dieu, par exemple. La signification moderne du mot est beaucoup plus récente que l’on ne pourrait le croire.

Elle a été inventée par Louis XV de France (que ses intimes appelaient Louis du Ha-Ha) en 1728 pour détourner l’attention de ses sujets de La Grande Épidemie de Marseilles, vaste éclosion de peste bubonique s’il en fût une qui avait tué alors plus de 100,000 de ses sujets français. Des mesures désespérées avaient été mises en place pour tenter de repeupler les zones dévastées et ainsi recommencer à voir les écus tomber dans les coffres du roi. Une proclamation royale fut donc rédigée. Désignée comme La Proclamation Royale de l’Amour Français, elle fût affichée partout sur les terres françaises par des centaines de courtisanes spécialement sélectionnées selon de stricts critères, les plus ingénues naturellement, bien proprettes, bien coiffées et courte-vêtues, et chantant une version ancienne de la célèbre chanson “Mon coeur est un violon”. Ce cérémonial qualifié de mesure exceptionnelle à l’époque a probablement été à l’origine du premier véritable mouvement hippie d’amour libre.

Des perles fabriquées de pierres de rein trempées dans les teintures naturelles d’époque, des petits coquillages et des petites pierres peintes à la main étaient portées au cou des femmes, la barbe bien taillée pour les messieurs était ramenée au goût du jour ainsi que les sandales de cuir bien tressées qu’on devait cependant porter sans bas et avec des pieds bien propres sous peine de passer sous la guillotine.

La réponse de la population mâle a été enthousiaste et spontanée. Il n’y avait qu’à voir leurs yeux s’illuminer devant ces courtisanes courte-vêtues aux voix célestes chantant et proclamant la joie nouvelle de l’intimité entre les sexes, toutes grandes joies autrefois ressenties exclusivement à la délectation des bons vins et des bons mets ou devant l’agonie d’un ennemi fraîchement décapité. Les épouses légitimes ou les maîtresses de ces sujets mâles émoustillés se mirent à chasser de la place publique toutes ces courtisanes au chant de sirènes et entreprirent de se livrer elles-mêmes à ces chants enjôleurs, se mirent à la poésie romantique et s’arrosèrent des meilleurs parfums pour sentir bon; résultat, les sujets mâles posèrent soudainement un tout nouveau regard sur elles. Ils s’adonnèrent spontanément au nouvel art du bain et de l’hygiène corporelle et s’activèrent à régler tous les petits soucis de la maisonnée sans qu’on ait à leur demander, à rincer les déjections dans les canniveaux sans qu’on n’ait à les menacer de jeûner, par exemple. L’amour humain était né.

Avant la grande épidémie de peste de Marseilles et cette Proclamation Royale de l’Amour Français, les gens avaient des interactions, certes, mais celles-ci étaient considérées comme des activités plutôt sales, malodorantes, purement physiques, un mal nécessaire à la procréation. Éxécutés à la va-vite, ces échanges impliquaient essentiellement quelques grognements gutturaux et des éclaboussures de liquides corporels variés.

L’attribution par sexe des tâches de tous les jours était strictement basée sur l’idée que les hommes s’affairaient à toutes choses qui les tenaient éloignés de toutes choses qui occupaient les femmes entre elles. Et les femmes étaient tout à fait heureuses d’un tel arrangement.

Après la sévère et rigoureuse mise en application de La Proclamation Royale de l’Amour Français de 1728, la France s’est métamorphosée. Sachant que cette nouvelle chose définie dans la proclamation comme l’amour humain avait l’aval du roi Louis XV, tomber en amour devint la nouvelle chose populaire, une véritable lubie nationale. Tout le monde voulait sa part de luxure et de lubricité. En l’honneur de la cour du roi Louis XV et de sa proclamation qui encourageait l’acte d’amour, la sollicitation des mâles fût appelée la courtoisie et l’action de courtoisie nommée faire la cour.

Les français et les françaises y mirent tant de zèle que bientôt la population de France atteignit et dépassa même la population recensée avant la terrible épidémie de Marseilles et la douce musique des écus tombant à nouveau dans les coffres du roi accompagnait les gémissements langoureux d’une France désormais unie nuitamment dans un érotisme tout patriotique.

(Tout ce qui précède n’est que pure foutaise, évidemment. Tout le monde sait parfaitement qu’ici-bas ce sont les grecs qui ont tout inventé.)

Flying Bum

pieds-ailes

sarcasme_HR

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