La parade des affligées

Le long des grabataires la mort sur les lèvres,

promènent leur affliction bien travaillée;

belles affligées aux manières mièvres,

au grand jamais ne mourraient de pitié.

 

Qui d’un enfant, d’un frère, d’une pauvre soeur,

au chevet épanchent de grands yeux de biche.

Contre celle pour qui sonne la dernière heure,

leurs propres frayeurs sans fin pleurnichent.

 

Fussent leurs larmes un tant soit peu lénifiantes,

la crainte de la mort s’en eût évanouie dans sa fuite;

leurs tremblantes mains soudain utiles et aidantes,

avec elles repoussés les marchands de mort subite.

 

Au soignant impuissant toute leur insolence,

que ne la fait-il revivre, triste insignifiant?

Pauvre messager qui annonce la sentence,

qu’il crève lentement au bout de son propre sang!

 

À boire avant que leur épanchement ne les draine,

qu’on les nourisse tant qu’à courir aux cuisines;

autant de pauvres petites créatures en peine,

vite qu’on drape leur courroux d’une douce veloutine.

 

Contristées et abattues toujours elles viennent parader,

à tout autres qu’elles la morne litanie des nécessités;

puis s’approche l’ombre de la mort en échappade,

donnant enfin le juste relief à leur triste couillonnade.

 

Le long des draps sur le visage relevés,

ramènent leur affliction bien travaillée;

belles affligées aux manières arrangées,

au grand jamais ne mourraient de pitié.

 

Le Flying Bum

New_pieds_ailés_pitonVert

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s